L’histoire se passe dans un quartier, sur un boulevard. Des habitants : un instituteur, un boucher, un modèle, une femme de soldat mort, un gigolo, un policier, un soldat, une fille, une amante, ou neuf figures, neufs représentations sociales qui se côtoient. Une femme arrive, on ne sait pas d’où elle vient, elle ne parle pas, et elle assiste ou révèle l’étrange réseau de relations noué entre ces gens. C’est l’histoire de la dérive de cette femme, un ange noir que l’on suit dans sa descente aux enfers.
Le titre complet de la pièce est Du sang sur le cou du chant ou Marilyn Monroe chez les vampires. On pense à la chanson de Marilyn Monroe Je veux être aimée par vous, qui fait penser à son tour au film de Fassbinder Je veux seulement qu’on m’aime.
La représentation, l’idée de la représentation est une des ou est la base de l’œuvre de Fassbinder et particulièrement de cette pièce.
La représentation au cœur même du réel et de la vie.
Toute société impose la représentation.
Toute société implique que chaque individu rentre dans une représentation qu’elle nous oblige à tenir.
C’est cette même difficulté d’être dans le monde de pur spectacle qui empêche les individus d’être eux-mêmes, que mettent en évidence les personnages de la pièce. Ils sont victimes de cette obligation de tenir un rôle, de donner une image qui n’est pas vraiment eux, tout en essayant d’être toujours conformes à l’image qu’on attend d’eux.
(…) le fait que les gens ont été éduqué de telle sorte qu’ils veulent avoir un enfant et qu’il faut qu’ils aient de tels sentiments ; même s’ils ne les ont absolument pas, alors ils les ont malgré tout, et c’est surtout de ça qu’il s’agit pour moi. Il s’agit pour moi que le public vérifie ses propres sentiments, ses sentiments les plus personnels.
R.W. Fassbinder
Théâtre de la querelle
5 rue du jeu de l’Arc - 42000 Saint-Étienne
Tél. 09 54 23 05 42 theatrelaquerelle@gmail.com
www.laquerelle.fr
