de Leslie Kaplan
Date et lieu de création: 

Création 2 mars 2011 à la Maison de la Poésie - PARIS
(deux avants-premières au 104 à Paris les 25 et 26 février 2011)

Conception et jeu

LUMIERES Maryse Gautier
DECOR Yves Bernard assisté de Michel Rose
VIDEO Romain Tanguy
SON Teddy Degouys
REGIE GENERALE, ASSISTANTE DECOR Camille Faure
COSTUMES Laure Mahéo
ASSISTANTE A LA MISE EN SCENE Bernadette Appert
CONSTRUCTION DECOR César Chaussignand
avec Claude Chaussignand, Christian Lavielle, Philippe Oxaran et Claire Jouët-Postré
REGIE LUMIERE Ronan Cahoreau-Gallier

PRODUCTION Théâtre des Lucioles

CO-PRODUCTION
Teatro Stabile Di Napoli (Italie), Nouveau Théâtre d'Angers - CDN des Pays de la Loire, Le Rayon Vert (Saint Valéry en Caux), L'Hippodrome - Scène Nationale de Douai, Le CENTQUATRE - Etablissement artistique de la Ville de Paris,

AVEC LE SOUTIEN DE  la Maison de la Poésie et de la ville de Paris 
AVEC L'AIDE DE l'Union européenne (programme culture 2007-2013) , le soutien de l'Institut Français, du Ministère de la Culture et de la Communication - DRAC Bretagne et Pays de la Loire - aide au compagnonnage
AVEC la participation du DICRéAM ministère de la culture et de la communication, CNC, CNL
AVEC la participation artistique du Jeune Théâtre National
Cette oeuvre a bénéficié de l'aide à la production et à la diffusion du Fonds SACD Théâtre

Le projet "Louise, elle est folle" a obtenu le soutien de l'Union Européenne RETROUVEZ TOUTES LES INFOS SUR LE PROJET EUROPEEN SUR LE SITE www.louisellestfolle.net

 Dans le cadre de sa coproduction avec le Nouveau Théâtre d'Angers - CDN des Pays de la Loire, le spectacle fera l'objet d'une résidence de création en janvier/février 2011.

 

Photographie de Christian Berthelot

Louise, elle est folle est un texte inédit de Leslie Kaplan qui fera l'objet d'une parution aux éditions P.O.L. au printemps 2011.
 

moi je voudrai

que quelque chose se passe

 

comment ça ?

 

que quelque chose se passe

que quelque chose arrive

un événement

quelque chose

 

quelque chose d’exceptionnel ?

d’inoubliable ?

 

quelque chose

vivre exister être

il y a des jours où tout me semble plat

aplati

une flaque

 

tout le monde sent ça

 

je m’en fiche de tout le monde

je te parle de moi

il y a des jours

où je me sens peu de chose

presque rien

 

tout le monde sent ça

 

je m’en fiche de tout le monde

je te parle de moi

moi il y a des jours

où je me dis, la preuve

qu’une femme n’est pas grand chose

                c’est que Dieu n’est pas marié

  (extrait)

 

VOIR LA BANDE ANNONCE DU SPECTACLE ICI

Qui est folle, dans Louise, elle est folle ?
les deux femmes en scène s’accusent, se renvoient la balle, essayent de préciser leurs accusations, jusqu’au plus grave
elles utilisent une troisième, Louise, absente, comme une façon de désigner ce qu’en aucun cas elles ne veulent être
mais elles s’acharnent l’une contre l’autre, pourquoi ?
comme si chacune représentait pour l’autre quelque chose qu’elle rejette
pourtant il s’agit de faits connus, de comportements habituels, d’attitudes vues partout, de phrases entendues partout, acheter n’importe quoi, voyager sans voir, manger sans penser, vouloir gagner, l’horreur quotidienne et au cinéma, les clichés, les clichés, les clichés…
toutes choses bien réelles et présentes, qui sont là, dans le monde
sont-elles folles de faire ce qui se fait ?
la folie est un écart par rapport à la réalité, on la mesure comme ça, un fou est « à côté », « en dehors » de la réalité
alors, est-ce que c’est la réalité qui est folle ?
acheter, voyage, les concours…les cafards…
quels sont les critères ?
pour qu’il y ait des critères, il faut qu’il y ait du commun et le premier bien commun, c’est le langage, les mots
mais justement, dès la première accusation : tu me trahis, tu prends mes mots, tu ne m’écoutes pas, tu ne m’entends pas…
climat de violence, atmosphère de guerre larvée
et ce sont deux femmes qui en témoignent
en tant que femmes elles sont au plus près de ça
passives agressives, comme la société toute entière
ce n’est pas ce qu’elles disent qui est fou, c’est comment elles le disent
en reprenant, redoublant, reproduisant l’état des choses avec leurs mots
des mots qui disent l’état du monde de la façon la plus précise, avec des détails les plus saugrenus, étranges, justes
et pourtant ces mots ne permettent pas de décoller, de sauter, de passer ailleurs
le dialogue dérape et rate constamment
l’agressivité plane et on doit la ressentir comme une atmosphère palpable
c’est un état du monde
et c’est la position de l’une par rapport à l’autre
et de chacune par rapport au monde
c’est aussi une façon de s’y prendre avec les mots  précise, imprécise, pleine de détails, d’invention, voire de poésie
et en même temps faite de généralités, de discours, de clichés
le fond est bel et bien une ambiance de meurtre jusqu’à la trahison finale et l’apocalypse
et Dieu, là haut, est requis à plusieurs reprises, non comme solution, mais comme interlocuteur

on avance à l’intérieur de tout ce que le société met en place et fait circuler comme discours et clichés
qui redoublent l’état général de dispersion opposition confrontation
qui reproduisent l’enfermement en soi, le ressassement
on avance à l’intérieur mais aussi à l’encontre
ce qui maintient vivant : la sensibilité, l’ouverture
le fait de n’avoir peur de rien, de rien, de rien, ni de dire, ni de penser
et le désir de parler vraiment, d’avoir un autre à qui parler.

 

Après l’expérience de Duetto5-Toute ma vie j’ai été une femme, et la joie du travail avec Frédérique Loliée et Elise Vigier, j’ai eu envie de continuer : il y a une très grande entente avec ces deux comédiennes-metteuses en scène, et les allers-retours entre l’écriture, la lecture et le travail de plateau sont pour moi extrêmement stimulants.
Elles m’apprennent vraiment ce que c’est le théâtre : un rapport, que j’ai toujours cherché dans mes romans, au présent, à l’ici et le maintenant, un rapport contradictoire, paradoxal, tendu, au monde tel qu’il est et tel, bien sûr, qu’on le souhaite.
De par leur histoire au sein de l’équipe du Théâtre des Lucioles elles ont un rapport quasi spontané au collectif, au partage, et l’équipe dont elles s’entourent, vidéo et sons, fait de la transposition des mots en spectacle une véritable recherche, une création continue.
J’ai conçu Louise, elle est folle en pensant à elles, à leur présence sur le plateau comme à leur façon de montrer et d’inventer l’univers de ce texte.

 Leslie Kaplan, janvier 2010

Des films documentaires ont été tournés dans le cadre du projet européen (www.louisellestfolle.net) : "Les femmes, la ville, la folie / 1. Paris" réalisé par Elise Vigier a été tourné à Paris en janvier 2011 et "Dove abita la follia" réalisé par Frédérique Loliée et Ugo Capolupo é été tourné à Naples en mai 2011. Le troisième film sera tourné à Varsovie en 2012. plus d'infos ICI

Réactions de Karminhaka sur le spectacle - blog de spectateur..

 

Aide de l'Union Européenne pour le projet "Louise, elle est folle"
Photographie de Christian Berthelot
Image de Romain Tanguy
Photographie de Christian Berthelot
Photographie de Christian Berthelot
Photographie de Christian Berthelot
Photographie de Christian Berthelot
Photographie de Christian Berthelot
Photographie de Christian Berthelot
Photographie de Christian Berthelot
Photographie de Béatrice Logeais
Photographie de Béatrice Logeais
Photographie de Christian Berthelot
Photographie de Romain Tanguy
Photographie de Béatrice Logeais
contact: 

Diffusion pour la saison 2011-2012 :
EPOC productions - Emmanuelle Ossena
e.ossena@epoc-productions.net
+ 00 33 (0)6 03 47 45 51