de Leslie Kaplan
Date et lieu de création 

Création en 2010 en France et en Italie

Conception et jeu

SOUTIENS ET COPRODUCTION
Teatro Stabile Di Napoli (Italie)
Le Rayon Vert - Saint Valéry en Caux
Nouveau Théâtre d'Angers - CDN des Pays de la Loire
Maison de la Poésie - Paris
Le Centquatre - Etablissement artistique de la Ville de Paris
avec le soutien de la fondation d'Art Arteria (Varsovie)
avec la participation artistique du Jeune Théâtre National
avec l'aide du Fonds SACD et de la DMDTS - Ministère de la Culture et de la Communication - aide au compagnonnage

Le projet "Louise, elle est folle" a obtenu le soutien de l'Union Européenne 

 Dans le cadre de sa coproduction avec le Nouveau Théâtre d'Angers - CDN des Pays de la Loire, le spectacle fera l'objet d'une résidence de création en janvier/février 2011.

Louise, elle est folle est un texte inédit de Leslie Kaplan qui fera l'objet d'une parution aux éditions P.O.L. au printemps 2011.

Qui est folle, dans Louise, elle est folle ?
les deux femmes en scène s’accusent, se renvoient la balle, essayent de préciser leurs accusations, jusqu’au plus grave
elles utilisent une troisième, Louise, absente, comme une façon de désigner ce qu’en aucun cas elles ne veulent être
mais elles s’acharnent l’une contre l’autre, pourquoi ?
comme si chacune représentait pour l’autre quelque chose qu’elle rejette
pourtant il s’agit de faits connus, de comportements habituels, d’attitudes vues partout, de phrases entendues partout, acheter n’importe quoi, voyager sans voir, manger sans penser, vouloir gagner, l’horreur quotidienne et au cinéma, les clichés, les clichés, les clichés…
toutes choses bien réelles et présentes, qui sont là, dans le monde
sont-elles folles de faire ce qui se fait ?
la folie est un écart par rapport à la réalité, on la mesure comme ça, un fou est « à côté », « en dehors » de la réalité
alors, est-ce que c’est la réalité qui est folle ?
acheter, voyage, les concours…les cafards…
quels sont les critères ?
pour qu’il y ait des critères, il faut qu’il y ait du commun et le premier bien commun, c’est le langage, les mots
mais justement, dès la première accusation : tu me trahis, tu prends mes mots, tu ne m’écoutes pas, tu ne m’entends pas…
climat de violence, atmosphère de guerre larvée
et ce sont deux femmes qui en témoignent
en tant que femmes elles sont au plus près de ça
passives agressives, comme la société toute entière
ce n’est pas ce qu’elles disent qui est fou, c’est comment elles le disent
en reprenant, redoublant, reproduisant l’état des choses avec leurs mots
des mots qui disent l’état du monde de la façon la plus précise, avec des détails les plus saugrenus, étranges, justes
et pourtant ces mots ne permettent pas de décoller, de sauter, de passer ailleurs
le dialogue dérape et rate constamment
l’agressivité plane et on doit la ressentir comme une atmosphère palpable
c’est un état du monde
et c’est la position de l’une par rapport à l’autre
et de chacune par rapport au monde
c’est aussi une façon de s’y prendre avec les mots  précise, imprécise, pleine de détails, d’invention, voire de poésie
et en même temps faite de généralités, de discours, de clichés
le fond est bel et bien une ambiance de meurtre jusqu’à la trahison finale et l’apocalypse
et Dieu, là haut, est requis à plusieurs reprises, non comme solution, mais comme interlocuteur

on avance à l’intérieur de tout ce que le société met en place et fait circuler comme discours et clichés
qui redoublent l’état général de dispersion opposition confrontation
qui reproduisent l’enfermement en soi, le ressassement
on avance à l’intérieur mais aussi à l’encontre
ce qui maintient vivant : la sensibilité, l’ouverture
le fait de n’avoir peur de rien, de rien, de rien, ni de dire, ni de penser
et le désir de parler vraiment, d’avoir un autre à qui parler.


Après l’expérience de Duetto5-Toute ma vie j’ai été une femme, et la joie du travail avec Frédérique Loliée et Elise Vigier, j’ai eu envie de continuer : il y a une très grande entente avec ces deux comédiennes-metteuses en scène, et les allers-retours entre l’écriture, la lecture et le travail de plateau sont pour moi extrêmement stimulants.
Elles m’apprennent vraiment ce que c’est le théâtre : un rapport, que j’ai toujours cherché dans mes romans, au présent, à l’ici et le maintenant, un rapport contradictoire, paradoxal, tendu, au monde tel qu’il est et tel, bien sûr, qu’on le souhaite.
De par leur histoire au sein de l’équipe du Théâtre des Lucioles elles ont un rapport quasi spontané au collectif, au partage, et l’équipe dont elles s’entourent, vidéo et sons, fait de la transposition des mots en spectacle une véritable recherche, une création continue.
J’ai conçu Louise, elle est folle en pensant à elles, à leur présence sur le plateau comme à leur façon de montrer et d’inventer l’univers de ce texte.

 Leslie Kaplan, janvier 2010

 

Nous voulons construire ensemble un nouveau spectacle et prolonger ce qui nous semble être fondamental aujourd’hui au théâtre : une interrogation sur le monde, et l’invention de nouvelles formes à partir de nouvelles écritures.
Avec les dialogues écrits pour Duetto5 -Toute ma vie j’ai été une femme, Leslie Kaplan a inventé une forme de conversation concrète et philosophique entre deux femmes qui pourraient être tout aussi bien une seule et même femme –sorte de bête à deux têtes- pour penser.
Penser tout en même temps sans hiérarchie, sans peur. Surgissement de dialogues et de situations tragi-comiques ou burlesques. Le nouveau projet s’inscrit résolument dans une continuité et un prolongement de Duetto5 .

• Continuation tout d’abord d’une façon d’écrire un spectacle à trois : nous voulons travailler à nouveau en aller-retour entre la discussion à trois et l’écriture, l’écriture posée sur le papier et l’écriture scénique qui confronte la mise en jeu des corps dans des espaces, revenir à la discussion…etc.
• Continuation d’autre part, des questions déjà abordées (comme le rapport à l’identité) avec l’ajout de nouveaux thèmes : la ville, la folie, le cynisme.
• Continuation encore dans la recherche de nouvelles formes d’écriture théâtrale : nous chercherons comment l’espace scénique pourrait être subitement traversé par des effets de réel, c’est-à dire comment l’actualité que nous partageons tous peut, en évitant le commentaire, produire du théâtre. Travailler à un théâtre qui aurait les portes ouvertes sur le monde, qui se laisserait traverser par l’actualité et le monde ici et maintenant.
• Continuation dans l’écriture de Leslie Kaplan d’un théâtre traversé par le cinéma, tant au niveau des dialogues que d’une forme empruntée au montage.
 

D’autre part, et pour provoquer un déplacement par rapport à la forme de Duetto5 , nous avons demandé à Leslie Kaplan de penser à une fiction narrative qui lierait les deux femmes sur le plateau. Le projet comprend une année de préparation nécessaire à l’écriture du texte, Ce temps de préparation permettra non seulement de travailler avec Leslie Kaplan sur les thèmes du texte mais aussi sur les nouvelles formes scéniques qu’ils pourraient engendrer. C’est pourquoi l’espace scénique se définira au fur et à mesure, avec l’avancée de l’écriture. Nous commencerons à travailler à partir d’installations, nous inspirant de travaux photographiques (tels que ceux de Mitch Epstein, Tim Noble & Sue Webster, Gregory Crewdson ou Jenny Holzer)

Frédérique Loliée, Elise Vigier, mars 2009

Aide de l'Union Européenne pour le projet "Louise, elle est folle"
contact 

Coralie Barthélemy : 01 48 51 36 59 - coraba@club-internet.fr