Collectif d’acteurs


Le droit du plus fort,
Maman Küsters s’en va au ciel,
Tous les autres s’appellent Ali

Trois scénarios de

Rainer Werner Fassbinder

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Mise en scène
Pierre Maillet

Avec
Arthur Amard
Valentin Clerc
Alicia Devidal
Luca Fiorello
Pierre Maillet
Marilu Marini
Simon Terrenoire
Elsa Verdon
Rachid Zanouda

Voix : Marcial di Fonzo Bo et Fabien Spillmann

Textes français
Alban Lefranc

Adaptation
Pierre Maillet
Fabien Spillmann

Assistant à la mise en scène
Luca Fiorello

Lumières
Bruno Marsol

Son
Pierre Routin

Costumes
Zouzou Leyens

Perruques et maquillages
Cécile Kretschmar

Couturières
Camille Chateauminois, Isabelle Airaud
Antoinette Magny

Habillage
Judith Scotto
Yolène Guais

Scénographie
Nicolas Marie

Régie générale
Thomas Nicolle

Régie Plateau
Thomas Nicolle
David Marin

L’oeuvre de Rainer Werner Fassbinder est publiée et représentée par L’Arche,
éditeur et agence théâtrale. http://www.arche-editeur.com

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Production déléguée
Les Lucioles - Rennes

Co-production (en cours)
Comédie de Caen
CDN de Normandie
Comédie de Saint-Etienne - CDN
Théâtre des Salins - Martigues

Avec le soutien du
Manège Scène Nationale de Maubeuge
DIESE # Rhône-Alpes dispositif d’insertion de l’Ecole de la Comédie de St Etienne

Avec l’aide de

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Remerciements
Théâtre National de Bretagne/Rennes,
"Les enfants d’Edouard"
& "Causette"/Bruxelles

Le bonheur (n’est pas toujours drôle)

CREATION JANVIER 2019

Une fête foraine. Des artistes, des acteurs, des anonymes dans cette foire, comme autant d’histoires à raconter pour peu qu’on s’y attarde et qu’on sache les regarder. Une fête foraine qui se transformera en appartements, en café, en cabaret, mais aussi en meeting politique. Une saga fondée sur les petites histoires qui racontent la grande…

Jamais auteur n’aura été plus attentif à son époque et aux gens que Rainer Werner Fassbinder dans les années 70/80 (à part peut-être Almodovar en Espagne qui prendra en quelque sorte le relais après la mort prématurée de Fassbinder en 82 à l’âge de 37 ans). Boulimique jusqu’à l’épuisement, cinéaste, dramaturge, acteur et chef de troupe, l’impressionnante filmographie de Fassbinder -40 films en 10 ans (une dizaine de pièces de théâtre sans compter ses nombreuses mises en scène et adaptations) a toujours été une source intarissable d’inspiration pour moi.

La « comédie humaine » de Fassbinder est une œuvre construite pierre par pierre où chaque film a une fonction particulière et fondatrice. « Certains de mes films sont la cave, d’autres le salon, la chambre ou la cuisine mais j’espère qu’à la fin on aura une maison. » aimait-il à dire de son travail. Pour cette raison, j’ai toujours trouvé un peu frustrant de ne monter « qu’une » pièce de lui. Après avoir mis en scène la quasi totalité de son théâtre, j’ai envie aujourd’hui de m’attaquer à son œuvre cinématographique toujours extrêmement poreuse à son travail théâtral : « Je fais des films comme si je faisais du théâtre et je mets en scène au théâtre comme si je réalisais des films ».

Ce spectacle est un hommage au « monde de Fassbinder » comme les films dont je vais principalement m’inspirer (« Le droit du plus fort » ; « Tous les autres s’appellent Ali » ; « Maman Küsters s’en va au ciel » …) étaient des hommages aux grands mélodrames de Douglas Sirk des années cinquante. Un hommage aux laissés pour compte trop souvent « marginalisés » par une société de plus en plus égocentrique et déshumanisée. Un hommage à l’engagement humain sans faille d’un artiste et de son équipe pour continuer à résister. En faisant des films. Et du théâtre…

Pierre Maillet

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PRESSE

Ouest France – 22 janvier 2019

Outre le fait de ne pas monter, comme de coutume, une pièce de Fassbinder qui fut aussi un grand dramaturge, le metteur en scène Pierre Maillet a l’idée judicieuse de relier trois histoires cinématographiques de l’auteur entre elles. Tandis que Maman Küsters s’entretient avec ses enfants, des nouvelles d’Ali sont diffusées, l’air de rien, à la radio. Les espaces-temps sont conjoints. Décrit tel un « Balzac » dans les journaux au moment de sa mort prématurée, Fassbinder avait à cœur de dépeindre l’Allemagne de son époque, un pays paralysé, triste et déshumanisé. Pierre Maillet l’a bien compris et ses comédiens aussi.
La distribution est excellente, consciente de l’esprit des personnages tiraillés entre conformisme néfaste et sincère empathie. L’interprétation éblouissante de Marilu Marini en Maman Küsters va même jusqu’à surpasser celle de Brigitte Mira, l’actrice originale du film. Moins engagé et intellectuel que le réemploi personnel de Stanislas Nordey dans « Je suis Fassbinder », l’hommage sur les planches de Pierre Maillet s’attache davantage aux émotions tragiques et à la sensualité de ces protagonistes. Le maître du mélodrame allemand aurait sans nul doute apprécié.

Mouvement – Par Thomas Ancona-Léger - 1er février 2019

Pierre Maillet met en exergue l’extrême actualité des questions soulevées par Fassbinder. Celle de l’intersectionnalité notamment qui, à travers l’apposition de ces trois scénarios, revêt une dimension nouvelle. L’articulation des dominations liées au genre, à la race à la classe et, fait assez avant-gardiste, à l’âge, est ici traitée sous un angle marxiste, mais non dogmatique. Peu importe le type de domination qui s’impose aux personnages semble nous dire Fassbinder, en dernière instance – pour reprendre l’expression consacrée – c’est toujours celle de classe qui prévaut.

Toute la force de Fassbinder, soulignée dans cette mise en scène, réside en ce qu’il ne glorifie aucunement une forme fantasmée de prolétariat. Les personnages issus du monde ouvrier apparaissent volontiers racistes, passablement rancunier et peu enclin à la solidarité de classe, lorsqu’ils ne succombent pas tout bonnement aux sirènes individualistes de l’idéologie petit-bourgeois. Le même traitement sans concession est réservé aux organisations politiques de gauche, Parti communiste en tête, qui sous couvert d’humanisme apparait comme bassement manipulateur quand il instrumentalise le malheur des classes opprimées à des fins électoralistes.

Dépassant de loin la simple exemplification et l’écueil du personnage-type, les relations humaines sont traitées de manière si fine – et il faut ici rendre hommage aux acteurs, Marilu Marini en particulier, formidable dans le rôle de Maman Küster – que l’on imagine aisément cette société allemande des années 1970 transposée à notre époque. Reste les hommes, leurs défauts, leurs fêlures et leurs luttes pour un bonheur qui n’est pas toujours drôle, pour reprendre le titre de la pièce. « Une grande saga pour les laissés-pour-compte et les minorités » selon les mots de Pierre Maillet, qui prouve que le spectre de Fassbinder n’a pas fini de hanter le théâtre français.

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@Alban Van Wassenhove

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@ Tristan Jeanne-Vales

Diffusion
Emmanuelle Ossena - EPOC
+ 33(0)6 03 47 45 51 I e.ossena epoc-productions.net


Téléchargements


 
@ Théâtre des Lucioles 2019