Collectif d’acteurs


 

LA PRESSE EN A PARLÉ

.

> HARLEM QUARTET


Mediapart - 13 juin 2019 - par Jean-Pierre Thibaudat

On a beau aller au théâtre tous les soirs, il arrive que de beaux spectacles vous passent entre les doigts lors de leur création. C’est ainsi que j’avais raté Harlem Quartet lors de sa création à la Maison des arts de Créteil il y a deux ans, l’adaptation d’un roman de James Baldwin. J’ai vu le spectacle à Dijon (dans le cadre du festival Théâtre en mai) lors de la dernière représentation pour cette saison (une nouvelle tournée suivra la saison prochaine).
Un éblouissement. Un voyage au temps chaviré comme l’est ce roman au long cours, un grand roman nourri de mémoire, de sensualité, d’amour et d’amitié. J’assiste à un spectacle ayant atteint la plénitude de son rythme, de ses mouvements (parfait enchaînement des scènes avec un jeu simple et efficace de panneaux, scénographie Yves Bernard), belle alliance des mots et des musiques (présence précieuse sur scène des deux musiciens, Manu Léonard et Marc Sens, et compositions de Saul Williams). Une assurance, une souplesse que le spectacle n’avait sans doute pas lors des toutes premières représentations (...)
On passe des années 70 aux années 50 avant de remonter le temps et de revenir en arrière, etc. Les acteurs gardent leur rôle, changent au mieux de costumes, ce sont leurs corps d’aujourd’hui qui se souviennent de ceux d’hier. Ces acteurs, il faut tous les nommer : Ludmilla Dabo, William Edimo, Jean-Christophe Folly, Nicolas Giret-Famin, Makita Samba, Nanténé Traoré. Sans eux, sans la personnalité de chacun, le spectacle n’aurait pas atteint une si belle justesse collective. L’un après l’autre, ils nous conduisent à l’endroit secret de chacun. Et, comme l’écrit Baldwin, « Quelle putain de chambre de résonance ! ».

.

> ONE NIGHT WITH HOLLY WOODLAWN


Hotello Théâtre - mai 2018 - par Véronique Hotte
La performance éloquente de Pierre Maillet se révèle être un talentueux morceau de nos temps présents sur l’évolution d’un monde qui s’élargit peu à peu, hors de ses frontières physiques et de ses lignes normées.

Les5pièces.com - mai 2018 – par Josiane Asmane
Sur scène, Pierre Maillet enchaîne les perruques et les robes à paillettes dans un incroyable show où tout est permis. Il chante, il danse, il rit, fait des apartés, se lance dans des mauvaises blagues et nous parle d’Holly Woodlawn comme d’une vieille amie à lui. C’est terriblement drôle, joué avec beaucoup d’énergie et un côté fait-maison assez irrésistible. On aime sa proximité (il s’adresse directement au public) et son attention portée à ce destin hors norme.

Lesinrockuptibles.fr - 14 novembre 2018 - par Hervé Pons
S’inspirant du livre autobiographique de Holly Woodlawn, "A low life in high heels", Pierre Maillet, y mêlant quelques moments de vie le concernant, retrace l’histoire de ce jeune homme portoricain tourmenté par ses orientations sexuelles, fuyant Miami et sa famille à l’âge de quinze ans. Dormir dans les parcs de Manhattan, se réfugier chez des prostituées, s’essayer aux passes, se faire les meilleures amies du monde, rencontrer l’amour, tenter de se faire opérer et puis non, préférer faire du shopping… Les trépidantes aventures "Hollyépiques" chargées des effluves de l’underground américain des années 1960 et 1970 sont arrachées à l’oubli contemporain par un Pierre Maillet plus exceptionnel que jamais dans cette transsubstantiation travestie de haute volée.
Portant l’hommage à son comble, entouré des musiciens Howard Hugues et Billy Jet Pilot de Coming Soon, ainsi que de Luca Fiorello et Thomas Nicolle, Pierre Maillet récrée sous forme de performance théâtrale et musicale un de ces cabarets transformistes dont Holly Woodlawn a été l’une des vedettes.

.

> LE BONHEUR N’EST PAS TOUJOURS DRÔLE


Ouest France - 22 janvier 2019
L’univers beau et impitoyabe de Fassbinder
(…) Outre le fait de ne pas monter, comme de coutume, une pièce de Fassbinder qui fut aussi un grand dramaturge, le metteur en scène Pierre Maillet a l’idée judicieuse de relier trois histoires cinématographiques de l’auteur entre elles. Tandis que Maman Küsters s’entretient avec ses enfants, des nouvelles d’Ali sont diffusées, l’air de rien, à la radio. Les espaces-temps sont conjoints. Décrit tel un « Balzac » dans les journaux au moment de sa mort prématurée, Fassbinder avait à cœur de dépeindre l’Allemagne de son époque, un pays paralysé, triste et déshumanisé. Pierre Maillet l’a bien compris et ses comédiens aussi.
La distribution est excellente, consciente de l’esprit des personnages tiraillés entre conformisme néfaste et sincère empathie. L’interprétation éblouissante de Marilu Marini en Maman Küsters va même jusqu’à surpasser celle de Brigitte Mira, l’actrice originale du film. Moins engagé et intellectuel que le réemploi personnel de Stanislas Nordey dans « Je suis Fassbinder », l’hommage sur les planches de Pierre Maillet s’attache davantage aux émotions tragiques et à la sensualité de ces protagonistes. Le maître du mélodrame allemand aurait sans nul doute apprécié.

Mouvement - 1er février 2019 - par Thomas Ancona-Léger
(…) Pierre Maillet met en exergue l’extrême actualité des questions soulevées par Fassbinder. Celle de l’intersectionnalité notamment qui, à travers l’apposition de ces trois scénarios, revêt une dimension nouvelle. L’articulation des dominations liées au genre, à la race à la classe et, fait assez avant-gardiste, à l’âge, est ici traitée sous un angle marxiste, mais non dogmatique. Peu importe le type de domination qui s’impose aux personnages semble nous dire Fassbinder, en dernière instance – pour reprendre l’expression consacrée – c’est toujours celle de classe qui prévaut.
Toute la force de Fassbinder, soulignée dans cette mise en scène, réside en ce qu’il ne glorifie aucunement une forme fantasmée de prolétariat. (…)
Dépassant de loin la simple exemplification et l’écueil du personnage-type, les relations humaines sont traitées de manière si fine – et il faut ici rendre hommage aux acteurs, Marilu Marini en particulier, formidable dans le rôle de Maman Küster – que l’on imagine aisément cette société allemande des années 1970 transposée à notre époque. Reste les hommes, leurs défauts, leurs fêlures et leurs luttes pour un bonheur qui n’est pas toujours drôle, pour reprendre le titre de la pièce. « Une grande saga pour les laissés-pour-compte et les minorités » selon les mots de Pierre Maillet, qui prouve que le spectre de Fassbinder n’a pas fini de hanter le théâtre français.

.

> LOUISE, ELLE EST FOLLE


Théâtre du blog – le 19 mai 2019 – par Véronique Hotte
Dans une scénographie géométrique et léchée (décors signés Yves Bernard), sur laquelle viennent s’apposer les vidéos puissantes de Romain Tanguy, les deux comédiennes entreprennent une joute verbale insensée, un cheminement sinueux dans le langage quotidien doublé d’un parcours physique qui engage le corps entier et entraîne dans son sillon une collection d’images représentatives de la folie. La prestation de Frédérique Loliée et Elise Vigier surprend par l’amplitude de jeu déployée car si elles démarrent la représentation en badinant, c’est sur un tout autre ton que celle-ci se finit, empreinte d’une gravité insoupçonnée au commencement. On aime la vivacité de leur échange, ce rythme ping-pong qui raye toute psychologie de leurs propos, leur façon d’aller jusqu’au bout de l’extravagance, sans complexe et sans peur.

Pariscope – 13 mai 2019 – par Marie Plantin
Frédérique Loliée et Elise Vigier nous entraînent dans une spirale implacable, à la fois irrésistiblement drôle et bigrement inquiétante, celle de la folie ordinaire. Celle qu’on ne soupçonne pas et dont on ne se méfie pas mais qui est belle et bien là, latente, qui couve dans nos modes de vie infernaux et pointe son nez dans nos expressions figées, souvent absurdes, dans nos stéréotypes ancrés.

.

> KAFKA DANS LES VILLES


Sceneweb.fr - 19 mars 2018
La rencontre du cirque, de l’opéra et de la littérature, voici ce que réserve "Kafka dans les Villes", un projet imaginé à partir de "Premier Chagrin" de Franz Kafka. La nouvelle conte l’histoire d’un trapéziste qui ne vit que pour son art, qui mange et dort sur son trapèze, et qui, subitement saisi par le doute sur le sens de son travail et de sa vie, décide de ne plus redescendre sur terre. Philippe Hersant, compositeur phare de la musique contemporaine française, s’en inspire pour créer un opéra miniature. Sur scène, six chanteurs lyriques, deux violonistes, quatre circassiens se rencontrent et répondent aux préoccupations de l’écrivain sur l’inhumanité de la société contemporaine et sur la solitude. Une proposition originale où se mêlent inquiétude et humour, surprises et poésie.

Parisart – mai 2018
À la croisée des chemins, Élise Vigier et Frédérique Loliée livrent une pièce où s’entrelacent cirque, chant, théâtre, danse...
Pièce entremêlant musiques et acrobaties, les voix qui virevoltent chantent l’histoire du trapéziste. L’histoire de l’impresario qui se souvient de l’histoire du trapéziste. Et à cette mémoire s’ajoutent des extraits du "Journal", du "Jeûneur", de "La Métamorphose" et des "Derniers Cahiers "— avec une dramaturgie de Leslie Kaplan. Opéra miniature, pour "Kafka dans les villes" Philippe Hersant a quant à lui ciselé une cantate pour six chanteurs et deux violons. Comme une histoire en plusieurs épisodes, où chaque partie déroule un air de cirque (marche, polka…). Petite valse, ou épisode burlesque : la simplicité du chœur accentue aussi bien le dérisoire que l’émotion. Et avec ses deux comédiens, quatre circassiens, six chanteurs, deux violonistes et un chef de cœur, "Kafka dans les villes" s’apparente à une troupe hétéroclite qui, comme à tâtons, se fabrique ainsi son propre vivre ensemble. Pour une pièce poétique, où l’espiègle mélancolie se fait aussi légère qu’onirique.

@ Théâtre des Lucioles 2019