Collectif d’acteurs


Par :
Marcial Di Fonzo Bo,
Pierre Maillet
et Elise Vigier

Production :
Théâtre National de Bretagne / Rennes
Théâtre de la Ville / Paris
Festival Grec/Barcelona

Aves le soutien de l’ AFFA

Copi, un portrait

« Trente ans plus tard, la seule question à se poser était : où en est Copi aujourd’hui ?
Très vite, tout de suite, est arrivée la réponse rassurante.
Aujourd’hui, « l’enfant pornographe » dérange moins que l’homme de tous les exils, celui qui regarde, qui sait et qui se moque.
Il n’a rien perdu de sa tranquille virulence, ni de son charme.
Son humour, sa familiarité avec la mort, son intelligence, sa pureté, sa lucidité politique ont traversé le temps, ont gardé leur impact (…)
Fasciné par ce personnage secret, Marcial Di Fonzo Bo a voulu le connaître, et a décidé de le raconter, d’amener les spectateurs au-dedans de son monde instable, tendre et impitoyable (…)

D’abord, les Lucioles se sont imprégnées de toute l’œuvre de Copi, puis se sont laissées « mener par le plateau ».
Par le jeu de masques et de travestissements qui caractérise le théâtre de Copi.
Un jeu né d’une tradition argentine toujours vivace, celle de la « revue », forme de music-hall qui enchevêtre les styles –du burlesque grotesque à la satire politique, en passant par les chansons- et qui ouvre le spectacle, avant même que le public soit entré dans la salle.
Histoire de le mettre tout de suite dans l’ambiance (…)

Alors, d’Eva Peron, personnage shakespearien entre Lady Macbeth et Caliban, en lutte contre le cancer, son infirmière et sa mère, jusqu’à Loretta Strong, cosmonaute enfermée dans sa capsule avec son rat, le spectacle suit le parcours sensible de Copi, depuis le rêve d’exil comme symbole de liberté, jusqu’à l’exil en forme de solitude dans l’infini du ciel et de la mort (…) Copi a beaucoup joué Loretta Strong, un peu partout – et même en Italie dans une version pour enfants ! Il disait ne pas parvenir à tuer le personnage, et c’est pour s’en débarrasser qu’il a écrit le Frigo. Son dernier rôle (…)
Lorsque Marcial Di Fonzo Bo endosse la robe d’Eva Peron, lorsqu’il traverse la salle dans la dépouille de Loretta Strong, se produit une sorte d’alchimie. Comme si le mort et le vivant se rencontraient au centre d’un espace indéfini. L’espace du théâtre où renaît l’esprit de Copi, son sourire, sa poésie. »

Colette Godard - 2000




« L’humour de Copi existe, mais en tant que manifestation extrême de délicatesse et de pudeur, comme un manière d’éviter les pièges de la pédanterie et de l’emphase.
Les pièces de Copi sont atroces, désespérantes, d’une noirceur extrême.
Les personnages de Copi n’ont d’autre épaisseur que celle que la parole et le théâtre leur donnent.
Tout, absolument tout, peut leur arriver ; comme des amibes, par scission, ils deviennent multiples ; ils meurent et ressuscitent ; ils sont beaux et hideux ; animés par des soubresauts de bonté et crises de méchanceté, ils éjaculent de la poésie et caressent de la merde ; ils sont illimités, car ils ne connaissent d’autres limites que celles du théâtre. »

Armando Llamas, auteur

Date et lieu de création :
Festival Grec de Barcelone - TNB à Rennes - Festival Théâtre en Mai à Dijon, 2001

 
@ Théâtre des Lucioles 2017