Collectif d’acteurs
Christian Berthelot


De Mario Batista

Opérette à jouir

Texte matériau (textes et chansons :)
Mario Batista

Mise en scène :
Mélanie Leray

Collaboration artistique :
Pierre Maillet

Avec :
David Jeanne Comello, Catherine Riaux, Vincent Voisin, Laure Thiery

et les musiciens :
Florian Parra, Cyril Leclerc, Emmanuel Léonard

Son :
Nicolas Defawe

Lumières :
Ronan Cabon

Erma et moi

"J’ai rencontré Mario sur la création de Automne et hiver de Lars Norén, pièce que j’ai mis en scène avec Pierre Maillet.
Mario, en résidence à Hédé, nous a accompagné sur la création et la première tournée dans le but d’écrire un texte pour le Théâtre des Lucioles.
C’est de ce parcours qu’est né le projet Erma et moi. L’histoire : un marchand vend des êtres artificiels pour rendre possible à l’humain de faire sans l’humain.
Ces êtres s’appellent des « Erma » et sont modelés à la demande et selon les fantasmes du client. Ils sont l’ultime pilule pour accéder à des promesses de joie et de bonheur…
Je trouve que l’écriture de Mario a quelque chose de punk*.
Je savais qu’il avait écrit des chansons et très vite par rapport aux thèmes et à l’histoire d’ « Erma », j’ai pensé faire évoluer le projet vers une comédie musicale.
J’ai proposé au groupe électro-punk DIP et à un membre du groupe YOSH de travailler sur la musique et de jouer dans Erma et moi .
J’aime l’extrême énergie des musiciens sur scène.
J’ai donc demandé aux acteurs d’être aussi chanteurs et aux musiciens d’être aussi acteurs."

Mélanie Leray

* punk, adj. (angl.signif. voyou, vaurien). Mus. Renvoie à un mouvement contestataire venu d’Angleterre à la fin des années 70 et très en vogue chez les jeunes qui exhibent un rejet de l’ordre établi.



Erma et moi est un texte qui pose la question de savoir comment le progrès et la science deviennent-ils des facteurs de régression à la fois sociale et humaine.
Où commence et où finit l’homme en tant qu’entité, caractère unique, dès lors qu’on imagine, et on réalise presque, des modifications du corps qui promettent d’être infinies.
On a vécu dans l’angoisse mythologique que l’homme finisse par être remplacé par la machine, alors que c’est lui qui est en train de remplacer la machine en devenant, en fonctionnant comme une machine : ça c’est une véritable prouesse scientifique, non pas en tant que performance inventive mais en tant qu’instrument de persuasion.

Dans Erma et moi j’essaie d’étudier selon quels principes l’homme se met à fonctionner comme une machine et j’en viens donc à la proposition d’un personnage, Erma, qui est une machine sophistiquée et un homme simplifié : autrement dit, la souplesse d’Erma, c’est de subir des traitements indignes sans jamais protester ou se rebeller ; on peut la violer, la cogner, la tuer.

L’humiliation, la violence, le meurtre, deviennent des modes de fonctionnement sociaux normaux. C’est à ça très précisément que travaille la science, à cette modernité qui consiste à considérer les êtres humains comme des presque objets de production manufacturés.

Dans Erma et moi on peut changer n’importe quelle pièce de chair ou membre à volonté, on peut choisir une couleur spéciale, enfin suivre la mode, avec une infinité de possibilités qu’on n’opère plus sur un vêtement extérieur mais à même la peau ou à l’intérieur du corps si on en a envie. Le « concept » d’interchangeabilité est très présent, économiquement, et il ne me semble pas que cela soit un hasard, et comme chacun sait, la science est essentiellement au service de ses bailleurs, effectifs ou symboliques, et l’intérêt général souvent caché sous des objectifs un peu plus mesquins.

La chanson

Du point de vue de la forme, je crois que l’insolence et la provocation, l’interpellation directe des spectateurs et le dévoilement du propos de fond conviennent mieux à la chanson qu’à la pièce de théâtre proprement dite. Peut-être pour des raisons de tradition culturelle, ou parce que le fait d’entendre de la musique, ça adoucit les mœurs et ça rend plus tolérant vis-à-vis de pensées désagréables ou qu’on ne partage pas. Alors je trouve que l’occasion est bonne de ramollir par les sons et de durcir par les paroles.

Mario Batista

PRODUCTION Théâtre des Lucioles
CO-PRODUCTION Théâtre des Deux Rives - Rouen
AVEC LE SOUTIEN DE LA SPEDIDAM

Date et lieu de création :
2006 au Théâtre des Deux Rives - Rouen

 
@ Théâtre des Lucioles 2017