Collectif d’acteurs


d’après les dessins de Copi

Mise en scène :
Marcial Di Fonzo Bo

Collaboration artistique :
Elise Vigier

Avec :
Jean-François Auguste, Marcial Di Fonzo Bo, Mélanie Leray,
Pierre Maillet, Florian Parra, Valérie Schwarcz,
Laure Thiery, Elise Vigier et
Vincent Voisin

Musique :
Pierre Allio

Images, animations
et vidéo :

Clément Martin

Sale crise pour les putes

Si jamais comédie humaine a été écrite à notre époque, c’est bien celle constituée par les dessins de Copi. L’ironie doublée de l’illimité peut faire rire, c’est certain. Mais les rires provoqués par la vision du cauchemar seront toujours ceux du bourreau, pas ceux des victimes. Or, les personnages de Copi provoquent les rires des bourreaux car ils refusent et rejettent superbement, tout en y pataugeant, le statut de victimes. Ils sont investis d’une grande dignité et il est étrange que ce mot ne nous vienne jamais à l’esprit quand on parle aujourd’hui de théâtre. Les personnages de Copi n’ont d’autre épaisseur que celle de la parole, et que le théâtre leur donne. Tout, absolument tout, peut leur arriver, comme des amibes, par scission, ils deviennent multiples ; ils meurent et ressuscitent ; ils sont beaux et hideux ; animés par des soubresauts de bonté et des crises de méchanceté ; ils sont illimités, car ils ne connaissent d’autres limites que celles du théâtre.
L’humour de Copi existe, mais en tant que manifestation extrême de délicatesse et de pudeur, comme une manière d’éviter les pièges de la pédanterie et de l’emphase.



Pendant dix ans, Copi a dessiné la femme assise pour « Le Nouvel Observateur ». Une page hebdomadaire, comme un journal d’observation. Il posait un regard sur l’actualité du monde avec élégance et beaucoup d’humour. La femme assise restera une des grandes philosophes du vingtième siècle.
Son cadre est une page blanche à l’intérieur de laquelle le monde extérieur vient lui rendre visite : L’escargot, le poulet, le perroquet, un rat traversé par des spleens baudelairiens, Marie Christine, sa fille, ou encore son propre double. Tous cherchent quelque chose et finissent par échouer chez elle, dans son dessin. Ce ne sont que des questions ou des conversations philosophiques, qui pourtant n’ont l’air de rien. La femme assise est pour nous tout à la fois : Dieu, un psychanalyste, une mère, une voisine, un double. Elle change de sexe et de noms régulièrement. Dans la même journée elle sera pédé, lesbienne, amoureuse d’un rat, socialiste mais aussi totalement réactionnaire. Elle représente tout et tous.
Quand on traverse l’actualité avec elle, on rit et en riant on respire.

http://photos.christianberthelot.com/accueil.pl?gallerie=60

 
@ Théâtre des Lucioles 2017